Communiqué de presse et appel à manifestation – Arrestation de 5 militants de RAG

Nouakchott. Le 21 septembre 2022 , 5 militants du parti RAG, aile politique d’IRA Mauritanie, ont été convoqués et enlevés par la police politique de Nouakchott puis conduits à Kiffa, à 600 km de la capitale, sans aucune raison alléguée et en dehors de toute procédure judiciaire légale.

Il s’agit de Mme Salma Dia ; Mme Achour Ghamou ; M. Cheikh Vall ; M. Hassan Moktar ; M. Mohamed Ali.

Après avoir vu quelques améliorations en matière de droits humains ces dernières années, la nouvelle présidence Ghazouani, par son gouvernement, promulgue des décrets érodant les réformes précédemment entamées. Le ministre de l’Intérieur refuse de reconnaître le parti RAG . Pour intimider et empêcher toute expression de mécontentement, la population subit à nouveau des arrestations arbitraires.  

Nous appelons à une manifestation et mobilisation générale mercredi 28 septembre 2022 de 12h à 14h dans toutes les sections d’IRA en Europe.

Nous dénonçons avec force les méthodes barbares de la police politique et l’exhortons à libérer immédiatement et sans condition les 5 militants arrêtés. Nous demandons la fin des arrestations arbitraires et le respect de la liberté d’expression des oppositions, ainsi que la reconnaissance du parti RAG.

Toutes les sections d’IRA en Europe appellent à une manifestation et mobilisation générale mercredi 28 septembre 2022 de 12h à 14h.

Les signataires 

IRA FRANCE 

IRA BELGIQUE 

IRA ITALIE 

IRA ESPAGNE 

IRA HOLLANDE

IRA ALLEMAGNE

Un inquiétant retour de l’autoritarisme en Mauritanie

La politique d’ouverture du gouvernement mauritanien aura été de courte durée. En début d’année, la reconnaissance légale d’IRA, l’inculpation pour corruption et la détention de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, puis la tenue à Nouakchott d’un G5 Sahel contre l’esclavage, ainsi que l’annonce de la levée de l’interdiction de partis politiques, avaient donné l’espoir d’un tournant démocratique en Mauritanie. Hélas, ce mouvement a connu un arrêt brutal avec la nomination d’un nouveau ministre de l’Intérieur au mois de mai. Aussitôt ses fonctions prises, Mohamed Ahmed O. Mohamed Lemine a en effet envoyé un émissaire à Biram Dah Abeid pour lui dire qu’à la différence du régime du président Aziz, qui l’avait relâché de prison, celui du nouveau président Ghazouani ne le laisserait pas sortir vivant s’il était à nouveau incarcéré. IRA France-Mauritanie dénonce avec la plus grande indignation ces menaces de mort.

Depuis, une loi limitant la liberté d’expression a été votée par le parlement, où le parti INSAF au pouvoir détient une écrasante majorité. Des blogueurs ont ainsi pu être arrêtés, emprisonnés, condamnés à de lourdes peines. Dénoncer le racisme et les discriminations, critiquer le président et autres autorités, comme tout symbole de l’Etat, sont devenus des délits.

La question de l’état civil reste également un problème fondamental. L’ancien président Aziz ne facilitait pas l’obtention de papiers d’identité par les Haratines ou les Négro-Mauritaniens. Après avoir promis une réforme pour donner des papiers à tous les Mauritaniens, et ouvert des centres d’état civil dans de nombreuses localités, le pouvoir de Mohamed Ould Ghazouani les a fermés, n’en conservant qu’un par département. Ceci oblige à des déplacements trop coûteux pour une partie de la population. Ainsi, de nombreuses personnes se trouvent sans existence civile, sans droit de vote, sans accès aux soins, et leurs enfants ne peuvent être scolarisés.

Si les tenants du système tentent de conserver leurs prérogatives avec ces mesures iniques, la société mauritanienne quant à elle aspire au changement, y compris les jeunes générations arabo-berbères qui semblent de plus en plus conscientes de cette nécessité. Lors d’une tournée à travers le pays, Biram Dah Abeid, président d’IRA, et Oumar Yali, président du parti RAG, ont pu constater l’ampleur de l’adhésion aux valeurs qu’ils portent. C’est sans doute ce qui inquiète le pouvoir en place.

Ne laissons pas ce virage vers la démocratie se transformer en un demi-tour vers l’autoritarisme !

Reportage sur l’atelier de la technique du plaidoyer en faveur les victimes de l’esclavage

Du 04 au 06 juin 2022, s’est tenu un  atelier important  sur la technique du plaidoyer. L’atelier a été animé par le formateur Illia Djadi avec un programme d’une qualité haute.

L’atelier a été financé par le programme de recherche action EMiFo, qui est dirigé par Dr Marie Rodet de l’Université de la SOAS à Londres en collaboration avec le Professeur Bakary Camara de l’Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako, Dr Lotte Pelckmans de l’Université de Copenhague au Danemark, et les associations maliennes Donkosira et Temedt.

Nos remerciements à l’université de la SOSAS à Londres pour son engagement à former les militants abolitionnistes qui défendent des victimes en risquant leurs vies. L’esclavage coutumier par ascendance n’est pas une fiction, mais une triste  réalité terrible qui crève l’œil dans toute l’Afrique de l’Ouest . Les premières victimes de cette ignominie  sont des enfants et les femmes.

Les intervenants dans notre reportage sont :

Dr Lotte Pelckmans de l’Université de Copenhague au Danemark ;

-Professeur Tidjani Alou du Niger ;

-Donkosira du Mali ;

-ARMEPES-France ;

-RMFP- sections Mali et France ;

-Les femmes de Ganbanaaxu Feddé

Reportage réalisé par  Diko Hanoune SG de l’Association des Haratine de Mauritanie en Europe (A.H.M.E)

Bonne écoute

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ft-w5qV3FSY

COLLOQUE DU G5 SAHEL CONTRE L’ESCLAVAGE À NOUAKCHOTT, 16-17 MARS 2022

Les 16 et 17 mars 2022 s’est tenu à Nouakchott un colloque organisé par le réseau G5 Sahel contre l’esclavage sur le thème « Faire de la lutte contre l’esclavage un combat commun et consensuel entre la société civile et les gouvernements des pays du Sahel », sous le haut patronage du président de la République islamique de Mauritanie, Son Excellence Mohamed Cheikh Ghazouani. Le Palais des Congrès de Nouakchott était mis à disposition d’IRA et des autres ONG organisatrices. IRA-France était représentée par Laure Humbel, membre du bureau.

télécharger la brochure finale officielle

Ouverture du colloque, 16 mars 2022

Le titre du colloque est un programme, mais déjà un aboutissement. Qui aurait pensé il y a quelques mois encore que puisse avoir lieu dans la capitale mauritanienne, sous l’égide des plus hautes autorités de l’État, un congrès international de militants anti-esclavagistes et d’experts, sur le thème de l’esclavage au Sahel, et sur l’invitation d’IRA, association qui n’avait aucune existence légale jusqu’à la fin de l’année dernière ? Il faut donc souligner la portée historique de cet événement. Ce signe fort d’un changement d’attitude de la part des autorités mauritaniennes est particulièrement encourageant. Le combat contre l’esclavage est loin d’être gagné, mais le rapprochement des autorités et de la société civile est une étape essentielle dans le processus.

Biram Dah Abeid a accueilli les participants avec un discours d’ouverture prononcé d’abord en hassanya (l’arabe dialectal parlé en Mauritanie) puis en français. Le président d’IRA souhaitait en effet se faire comprendre de l’ensemble de l’assistance qui l’a généreusement applaudi et ovationné. Les militants d’IRA étaient quant à eux présents en grand nombre dans le service d’organisation et sur scène, dans leur costume noir et blanc, une femme et un homme en alternance.

Discours de Biram Dah Abeid et militants d’IRA

Ali Bouzou, Secrétaire exécutif du « G5 Sahel contre l’esclavage », a pris la parole à son tour. Ce réseau, co-organisateur du congrès, a été créé en 2017 à Bamako, par trois associations actives dans la lutte contre l’esclavage, IRA en Mauritanie, TIMIDRIA au Niger et TEMEDT au Mali. Le réseau a pris ce nom en référence au G5 Sahel contre le terrorisme, afin de montrer que la lutte contre l’esclavage n’est pas dirigée contre le pouvoir en place. Il a été rejoint depuis par FESTICHAMS du Burkina Faso, ARED du Tchad et Gran Lekol Filozofi de l’Île Maurice.

Quatre panels ont suivi jusqu’en fin d’après-midi et le lendemain matin, sur les thèmes suivants :
– L’expérience d’organisations de la société civile dans la lutte contre l’esclavage.
– Aspects psycho-sociaux de l’esclavage et leurs ramifications.
– Causes et conséquences de l’esclavage au Sahel.
– Défis et les perspectives de la lutte contre l’esclavage au Sahel.

Le Palais des Congrès de Nouakchott

Sont ensuite intervenus depuis Genève par visioconférence Georgina Vaz Cabral du Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour la lutte contre les formes contemporaines d’esclavage, puis Jean-Marie Kagabo du Bureau international du Travail.

Le reste de la journée a été consacré au travail en vue de l’élaboration du Manuel de lutte contre l’Esclavage. Deux groupes (l’un sur la Mauritanie, le second sur les autres pays du Sahel) se sont d’abord réunis dans deux salles différentes pour définir des propositions sur la base d’un sommaire préétabli, avant que leurs représentants ne viennent exposer à la tribune le résultat de ces discussions de groupe. Il convient de noter que le travail de groupe était ouvert à tout le monde, chacun pouvant y participer librement.

En conclusion, Ali Bouzou, secrétaire général du G5 Sahel contre l’esclavage, a souligné la dimension historique du congrès. Il a donné rendez-vous en avril prochain à Yaoundé pour une rencontre du réseau avec des chercheurs, puis à Niamey en juin pour la validation du manuel et le lancement d’une étude pilote sur 200 personnes pendant 4 ans.

Ali Bouzou, Secrétaire exécutif du Réseau G5 Sahel contre l’esclavage, présente le « Manuel de lutte contre l’esclavage au Sahel »

Le rapport du colloque a été présenté à l’assemblée pour approbation et amendement, avant que Biram Dah Abeid, puis le représentant du Commissaire aux Droits de l’Homme ne prononcent les discours de clôture.

Biram Dah Abeid a rappelé encore une fois combien ce congrès constitue une révolution, avec la réception officielle au palais des congrès d’hôtes dignes qui étaient refoulés jusque là et qu’on ne pouvait recevoir au grand jour.

Le colloque a été suivi d’un voyage à Rosso, terre d’origine de Biram Dah Abeid, qui fera l’objet d’un prochain article.

Voyage de la délégation étrangère à Rosso, 18 mars

Adhérez ou renouvelez votre adhésion !

Nous sommes en janvier, le moment de renouveler votre adhésion à IRA-France-Mauritanie, ou de nous rejoindre. Téléchargez ici le bulletin d’adhésion pour 2022. Notre association a été très active cette année malgré la crise sanitaire, avec deux actions phares : le soutien au jardin d’enfants de Nouakchott et le séjour de Moussa Bilal Biram. C’est grâce à votre soutien financier et moral que nous pouvons continuer à soutenir nos amis mauritaniens. Nous savons pouvoir compter sur vous à nos côtés : merci d’avance pour la poursuite de votre engagement !

Fin du séjour de Moussa Bilal Biram en France

Notre ami Moussa Bilal Biram, militant d’IRA très engagé à Nouakchott, a rejoint son pays le 5 janvier après un séjour de plus de deux mois en France chez Marie et Jean-Marc Pelenc à Cadenet. Comme prévu, il a pu témoigner de son parcours, de son militantisme, des tortures dont il a été victime, auprès de membres d’IRA-France-Mauritanie, d’ACAT, d’Amnesty dans la région provençale et auprès d’étudiants en droit international des droits de l’homme à la Faculté de Droit d’Aix-en-Provence. Il a pu également rencontrer avec émotion des clubs de karaté, discipline dans laquelle il a été champion puis entraîneur en Mauritanie avant les tortures qui lui ont été infligées en garde à vue en 2016. Son séjour lui a permis de bénéficier de certains soins médicaux rendus nécessaires par les séquelles de ces tortures : un grand merci au Centre Osiris de Marseille, spécialisé dans ce type d’accueil et au médecin référent de la Permanence d’Accès à la Santé et aux Soins de Marseille pour la qualité de leur accueil et de leur prise en charge ! Son court passage à Paris a donné à Moussa l’occasion de rencontrer des militants et amis. Tous ceux qui ont eu la chance de rencontrer Moussa ont été impressionnés par son courage, sa force de caractère, son sourire et son profond attachement  au combat anti-esclavagiste pour une Mauritanie plus fraternelle dans laquelle cohabiteraient à égalité les différents individus quelle que soit leur communauté d’origine. Enfant privé de scolarisation, il a quitté sa famille pour fuir l’esclavage et les discriminations, il sait l’importance de cette lutte. Il nous a chargés en partant d’exprimer sa profonde reconnaissance à tous les membres d’IRA-France-Mauritanie qui a rendu possible ce séjour si important pour lui.

Une excellente nouvelle pour commencer l’année !

Le Bureau d’IRA-France-Mauritanie vous présente ses meilleurs vœux pour l’année 2022.

Puisse-t-elle voir enfin la disparition de la crise sanitaire avec un retour à une vie sociale normale et des progrès dans la défense des droits humains, la fraternité et la paix dans le monde !

Nous avons une excellente nouvelle à vous annoncer : en Mauritanie, IRA a enfin obtenu le récipissé de demande d’enregistrement valant reconnaissance de l’association, vu la nouvelle loi sur le régime déclaratif des associations. Créée en 2008 par Biram Dah Abeid, IRA s’était toujours vu refuser une existence légale. Le président Ghazouani a eu la clairvoyance d’accepter qu’une association de défense des droits humains œuvrant pacifiquement et solidement implantée dans le pays puisse enfin participer sans entrave au débat démocratique. C’est le Commissaire aux Droits de l’Homme qui a remis à Biram Dah Abeid le précieux document lors d’une cérémonie officielle à Nouakchott le 31 décembre. Dans son discours, Biram a chaleureusement félicité les militants d’IRA qui ont courageusement lutté contre l’esclavage et les discriminations pendant toutes ces années en prenant des risques importants. Il a souligné l’importance du soutien des associations du réseau des IRA dans le monde, de toutes les grandes ONG de défense des droits humains et également des instances onusiennes qui ont su dénoncer l’esclavage mais également les injustices dont ont été victimes les membres d’IRA pendant toutes ces années (harcèlement, matraquage, procès truqués, torture en garde à vue, emprisonnements injustes). Il a également salué le rôle positif joué par le président Ghazouani dans cette avancée. Notre association exprime ses félicitations et sa joie profonde de voir enfin la justesse de la démarche pacifique d’IRA et de tous ses militants validée à travers cette reconnaissance. Une nouvelle période débute pour IRA dans son action contre l’esclavage et les discriminations. Nous aurons à cœur d’accompagner nos amis mauritaniens dans leurs nouveaux projets car l’esclavage et les discriminations sont malheureusement toujours bien présents dans leur pays. De nouveaux cas d’esclavage ont été révélés récemment.

Témoignage et débat avec Moussa Bilal Biram, lundi 13 décembre à 18h à Aix-en-Provence

11/12/21

Nous sommes désolés de vous annoncer que la Faculté d’Aix en Provence, suite aux nouvelles mesures de protection contre la Covid, nous informe que la conférence-débat de Moussa Bilal Biram est strictement réservée aux étudiants.

Avec toutes nos excuses pour la déception  que cette nouvelle vous apporte.

Témoignage et débat sur la torture en Mauritanie

Moussa Bilal Biram, militant d’IRA, victime de torture

Lundi 13 décembre 2021 de 18h à 20h

Faculté de droit d’Aix-en-Provence, 3 avenue Robert Schuman, 13080 Aix en Provence

Amphithéâtre Peiresc

RÉSERVÉ AUX ÉTUDIANTS DE L’UNIVERSITÉ PAR MESURE DE PRÉCAUTION SANITAIRE

Appel à dons et à adhésions

Toutes les actions que mène notre association IRA-FRANCE MAURITANIE (voir l’actualité chargée du mois de novembre) ont un coût et nos finances s’en ressentent assez lourdement ! Merci à celles et ceux qui pourront nous aider par un don pour nous aider à dépasser ce passage délicat.

Vous pouvez aussi nous soutenir en adhérant à l’association ou en faisant adhérer les personnes de votre entourage.

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Merci encore !