Mauritanie: plusieurs mineurs en esclavage et déni public

Note d’investigation, 24 janvier 2023

Le 20 janvier 2023, à l’occasion d’un droit de réponse au journal en ligne senalioune.com, le Commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile réagit à la question perpétuelle de l’esclavage, en République islamique de Mauritanie. La réfutation s’articule, comme d’usage au sein du personnel de l’Etat, autour des arguments du déni et de la relativisation. A en croire le haut responsable de l’Exécutif, les associations locales de défense de la dignité de la personne n’ont pu présenter, au rapporteur spécial des Nations unies, que « 2 cas d’esclavage présumé, déjà pendants devant la justice ».  Ce niveau d’imprudence rhétorique expose, le propos, à une réfutation d’autant moins discutable qu’elle s’appuie sur la chronologie des faits. Ici, foin de lyrisme et de slogans, les situations individuelles parlent assez. 

Ainsi, l’affaire la plus récente démontre-t-elle la permanence du défi et sa dissémination protéiforme au travers du territoire. Le 20 janvier courant, le section Ira de Zouérate, ville minière de la région du Tiris Zemmour et siège du principal employeur du pays après l’Etat, reçoit un appel au secours, de la part d’une victime collatérale de la servitude sous contrainte. Le sieur Yekber ould Salem révèle la rétention, de ses enfants, par leurs maîtres traditionnels, en l’occurrence dame Khadijetou mint Weyahi et sa sœur Moimya. La première habite à F’dérick, la seconde quelques kilomètres plus loin, à Boudarka. Les deux prétendent que le géniteur, désormais séparé de son épouse servile, n’a aucun droit sur la progéniture ; la mère appartenant à la famille maure Ehl Weyahi, les enfants relèvent du même régime de possession privée, grâce aux prescriptions de la charia, selon le modèle sunnite, de rite malékite, d’ailleurs consacré et insusceptible de critique, en vertu du code pénal de la Mauritanie. Les mineurs en captivité chez leurs propriétaires sont 3 garçons Said ould Yekber Salem, Cheikhani ould Yekber Salem et Kenkou ould Yekber Salem et 2 filles Nezaha mint Yekber Salem, et Bigue Yekber Salem. Parmi leur fratrie parvenue à l’âge de discernement – tels Moustapha ould Yekber Salem, Khdeija mint Yekber Salem, Lalla mint Yekber Salem- tous ont fui vers d’autres centres urbains où prévalent l’anonymat, les opportunités de travail et la solidarité des affranchis. 

Le vendredi 20 janvier 2023, passées 10 h, Yacoub Faye et Yacoub Abdi, respectivement coordinateur et membre du bureau régional de l’Ira, accompagnent le plaignant, Yekber ould Salem, à la brigade de gendarmerie de F’Dérick ; aussitôt, ils y remettent une plainte au commandant Tiyib ould Dah. A 11h 30, les forces de l’ordre interpellent l’auteure du crime allégué, Khadijetou mint Weyahi, âgée de 28 ans. Cependant, en gardien fidèle du système d’impunité qui a pris l’habitude d’imputer, aux militants abolitionnistes, le grief d’incitation à la révolte, le procureur de la république du tribunal de Tiris Zemour Mr Mohamed Vall ould Mouchtaba empêche, les activistes, d’accompagner le père, durant ses démarches ; aux yeux du magistrat du Parquet, l’organisation Ira est récente, d’où son éviction de la faculté d’ester en justice, alors que l’association, dès 2008 n’a jamais cessé d’assister les requérants, notamment les femmes et les enfants. Cependant, convient-il de le rappeler, malgré la qualification « crime contre l’humanité », les contrevenants arrêtés au titre de l’enquête, parfois en flagrant délit, bénéficient, tôt, de la liberté conditionnelle. La procédure peut s’étendre, s’éterniser, en vue de décourager l’ardeur des lanceurs d’alerte et d’éroder la patience, des victimes, à obtenir réparation : Arafat -Nouakchott-Bassiknou, Aïn Farba-Aïoun, Diaguili-Guidimagha, Aleg-Brakna, Eguenni Ehl Taleb-Tintane, Nouadhibou Tiris Zemmour…

Aux fins de rafraichir la mémoire du ministre et celle, manifestement distraite de ses services, nous les prions et demandons, à l’opinion, d’écouter le témoignage d’un adulte séparé des siens, par la rigueur d’une pratique d’inégalité de race, à justification religieuse, qui se perpétue depuis au moins 10 siècles, sur le sol de l’actuelle Mauritanie ; quelques jours après, suivant ainsi une jurisprudence du réel, l’orateur se dédit, sous la pression des autorités et de la tribu, alors que le Commissariat diligentait plutôt une enquête:

https://fb.watch/ibBEcg1TkN/

A l’adresse du Commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile, nous tenons, dessous, preuves, à l’appui, le décompte des litiges relevant de l’esclavage contre les noirs d’origine subsaharienne ; les liens s’étendent de 2019 à 2023 ; aussi, nous sollicitons-nous, du ministre et de son département, le droit à une confrontation constructive, des chiffres et des exemples de contentieux, afin d’harmoniser les informations, en guise de préalable à un partage des tâches, aussi apaisé que pratique, de préférence avec le concours des partenaires étrangers de la Mauritanie. Nous exprimons, ici notre entière disponibilité à l’exercice. 

https://www.chezvlane.com/Mauritanie-Blanchiment-et-recel-d-esclave_a15266.html

https://www.chezvlane.com/Mauritanie-encore-un-cas-d-esclavage-traditionnel-sur-mineur-audio_a18131.html

https://www.chezvlane.com/Mauritanie-Esclavage-sur-mineur_a18215.html

https://www.chezvlane.com/Mauritanie%C2%A0-encore-une-enfant-noire-cible-d-esclavage_a27219.html

https://www.chezvlane.com/Mauritanie-attention-au-village-de-Diaguily-on-brule-vif-les-esclaves-recalcitrants_a26412.html

https://www.chezvlane.com/Alerte-d-IRA-Mauritanie-Recel-et-blanchiment-d-esclavage-en-cours_a25132.html

https://www.chezvlane.com/Mauritanie-Esclavage-ethnicite-coercition-et-spoliation_a22883.html

https://www.chezvlane.com/Mauritanie-Sevices-sur-un-descendant-d-esclaves-age-de-13-ans_a29029.html

Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)

Stigmatisation et répression des descendants d’esclaves en Mauritanie

Chronique d’un déshonneur permanent

Nouakchott, le 31 décembre 2022

Boutilimit

Dimanche 25 décembre 2022, le commissaire de police de Boutilimit, localité distante de 150 km, à l’Est de Nouakchott, procède à l’arrestation du lanceur d’alerte sur l’application WhatsApp, Ahmed Maouloud Boumrah. L’officier signifie au détenu, n’avoir rien à lui reprocher mais précise que l’ordre vient du préfet, Mohamd Ahid ould Sidi Yahye ; ce dernier tire prétexte d’une plainte, adressée à lui, par les notabilités arabo-berbères de la ville ; de surcroît, les autorités administratives, qu’il dirige, s’offusquent du discours, tenu par l’activiste, au travers d’enregistrements audio, largement partagés. Les partisans du parti aupouvoir, ainsi « dérangés », exigent du contrevenant, un reniement public, peu en importe le support. Ainsi se présentait la condition lui permettant de recouvrer la liberté et d’échapper aux poursuites en justice.

Boumrah refuse, non sans contester la commission d’un quelconque délit, hormis la dénonciation des discriminations de race, de naissance et de castes, instaurées, par les notabilités tribales et affairistes de la ville, au détriment des mal-nés, fussent-ils forgerons et descendants d’esclaves, pourtant majoritaires dans la localité, selon le critère du nombre ; à l’occasion des mêmes propos incriminés, l’auteur du propos relève la récurrence des vols, viols et violences, par effraction et à main armée dont les habitants se plaignent.

Aussitôt l’arrestation constatée, Mohamed Lemine Amar Salah, chef de la section Ira de Boutilimit, accourt au commissariat en compagnie de militants qui expriment leur colère contre la détention arbitraire et l’ultimatum des excuses.

Devant l’afflux des protestataires, la police convoque l’oncle du détenu et lui demande de le raisonner ; des notables du sérail tentent de le faire plier et changer d’avis, sans succès. Le parti d’opposition Rassemblement des forces démocratiques (Rfd), ainsi que des blogueurs et personnalités de la ville, publient des communiqués de solidarité avec le lanceur d’alerte et réclament sa libération.

Le 28 décembre, la tension était très vive aux alentours du commissariat où séjourne Ahmed Mouloud Boumrah. Une unité de police, lourdement armée, fait irruption dans la rue et capture Mohamed Lemine Amar Salah. A 17h30, un autre officier ordonne à ses agents, de déshabiller le prisonnier et de le placer derrière les grilles d’un cachot insalubre. Cependant, la victime bénéficiera d’un traitement plus digne, lorsque Mohamed ould Brahim, secrétaire général de la commission nationale des droits de l’Homme (Cndh) lui rendra visite, en soirée. Mais, curieusement, en présence des agents, il apostrophe le reclus, comme une justification des abus des forces de l’ordre : « Tu es traité ainsi parce que te voici à l’origine d’audios à caractère délictueux » !

Rosso

Le 29 décembre, Mohamed Lemine Amar Salah est relâché, en fin de matinée, alors que Ahmed Mouloud Boumrah subit la déportation, sur une distance de 200 km, à Rosso, chef-lieu de la région du Trarza.  La gendarmerie le conduit auprès du procureur de la république. Ce dernier le libère et classe l’affaire « sans suite ». In fine, il s’agissait d’une intimidation, d’usage quasi-systématique visant à casser l’élan de la contestation. Les précédents du genre saturent l’actualité.

Nouakchott

Le même 29 décembre 2022, l’Ong IRA organise à Nouakchott, la capitale, un rassemblement, en face du siège de l’Assemblée nationale, afin de protester contre l’apologie de l’esclavage par un député du parti islamiste Tawassoul, le sieur Elkotb ould Emmat  ; l’acte, précédé d’un préavis au préfet du Ksar, département qui englobe l’enceinte du Parlement, relève du droit constitutionnel à manifester ; les meneurs tenaient à dire leur refus de banaliser l’insulte envers les personnes d’ascendance noire africaine et les femmes, cibles privilégiées d’un élu du peuple qui ne cesse de proférer la haine et le racisme, sous le bouclier protecteur de la religion.

Dès la première vague de manifestants, des unités de la police, en tenue anti-émeute, investissent les lieux, munis de matraques ; ils molestent les porteurs de pancartes et s’en prennent aux badauds. Les assaillants, il convient de le rappeler, agissent en vertu des directives du ministre de l’Intérieur, adversaire résolu des luttes tendant à défendre la citoyenneté et l’égalité des humains, sur le territoire de la République islamique de Mauritanie. Après l’incident, une délégation de l’IRA remet au Président du Parlement une « apostrophe républicaine », en vue d’obtenir des mesures de discipline, à l’endroit de leur collègue Elkotb ould Emmat.

D’évidence, ce ne sont ici, que deux exemples, certainement pas les derniers, de la marche glorieuse, de nos compatriotes, vers la refondation d’un contrat social où la faveur et les privilèges indus cesseront, pour toujours.  Qui se met en travers d’une telle dynamique est du nombre des perdants.

Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)

Liens vidéo et images statiques (cliquer sur les liens) :

Boutilimit A

Boutilimit B

Rosso

Nouakchott

Hommage aux victimes oubliées de l’épuration ethnique en Mauritanie (1986-1991): les pasteurs pulaarophones du Guidimakha

Célébration de la Journée internationale des droits de l’Homme

10 décembre 2022, siège de l’IRA-M, Nouakchott, Mauritanie

A l’occasion de la Journée internationale des droits de l’Homme, Ira-M réitère son engagement contre l’oubli et l’impunité. Par-delà les rassemblements annuels d’hommage à la communauté des disparus, suppliciés et déportés, dans les localités martyres de Azlat, Jreïda, Inal, Sorimalé et Wothie, nous rouvrons, cette année, la page des massacres commis, au Guidimakha, contre des paysans et éleveurs, tous locuteurs du Pulaar.

A mesure que le temps passe, de nouveaux témoignages affluent et confirment l’implication des forces de sécurité et des milices, sous l’égide d’une administration territoriale dont la chaîne de commandement reste à l’abri de la moindre poursuite en justice. Parce que la peur s’estompe, le désir d’équité ressurgit, reprend de sa vigueur ; le sel de la mémoire et la fatalité de la réparation constituent, en l’occurrence, le vecteur inépuisable de notre détermination à contrecarrer la « loi d’amnistie », du 14 juin 1993.

A l’époque, sous l’autorité du Gouverneur, Dah Ould Abdeljelil, récemment recyclé à la présidence de la Commission nationale électorale indépendante (Ceni), selon le témoignage de monsieur Mokhtar Diallo ici présent aujourd’hui, de nombreux hameaux et campements de bouviers nomades endurent, durant 3 ans, la violence d’escadrons jusqu’ici au-dessus du droit ; la quasi-totalité des exactions et tueries, dessous rapportées, se déroulaient, en 1989 et 1990 ; elles engagent la responsabilité, exclusive, de Mauritaniens, anciens maîtres (Bidhane) et descendants d’esclaves (Hratine). L’identité ethnolinguistique des auteurs ne varie.

1. A Nebiya, commune de Ould Yengé, l’unique famille occupant les lieux, est décimée.  Le père, Adama Ndiaye, son épouse Souadou et leurs sept enfants furent battus et emmenés, par un groupe de miliciens et le bétail spolié, le même jour. Ils ne reviendront jamais ; d’ailleurs, la majorité des civils, victimes d’assassinats à visée raciste, n’a bénéficié d’une localisation funéraire.

2. A Mouta’alla, bourg du département de Ould Yengé, des militaires, un matin, rassemblent 27 personnes (hommes, femmes et enfants), pour les conduire, en convoi, vers une destination inconnue. Les survivants ne parviendront à retrouver la trace des captifs.

3. A Tektaake, orée de Ould Yengé, deux hommes, emmenés par des soldats en uniforme, n’ont plus donné signe de vie, abandonnant, progéniture, logis et biens. 

4. A Mudji, entre Selibaby et Gouraye, des éléments de l’armée procèdent à l’interpellation de 7 jeunes qui jouaient aux cartes, chez l’un d’eux. Ligotés et conduits, de force, hors du périmètre du village, aucun d’eux ne refait signe.

5. A Weyduyol, quartier de Sélibaby, chef-lieu du Guidimakha, 13 individus, de sexe masculin, succombent à la brutalité des hommes en uniforme ; trois périssent, dans la rue, à coups de pierres sur la tête et dix, à bout portant ou touchant, les tirs de fusil ayant visé la tête.

6. A Boruuji, municipalité de Gouraye, un détachement de la Garde nationale se saisit de 5 vendeurs de viande sur pied, raflés en rase campagne. Ils entrent, entravés, à la garnison, où leur arrivée provoque l’émoi des riverains ; un vieux notable soninké intervient, afin d’arracher la libération du plus jeune, au motif qu’il serait orphelin ; sa doléance obtient satisfaction mais les quatre autres n’en ressortiront plus sauf pour être enterrés, morts, dans un site entre Djaguili et Moullisimon.

7. A Kalinioro, département de Ould Yengé :

– Le directeur de l’école, Hadiya Ba, apprend que des miliciens arabophones entreprennent d’exproprier le patrimoine bovin de sa collectivité ; il se rend à l’endroit de l’incident et y trouve l’un de ses neveu, enchaîné au milieu des assaillants ; quand il tente de le détacher en discutant avec eux, il essuie une rafale, de leur arme d’assaut et succombe, aussitôt. Séance tenante, il fut enseveli dans un ravin naturellement creusé à la suite d’un écoulement des eaux de pluie ; après plusieurs réclamations du corps, le préfet de Ould Yengé supervise l’exhumation et remet, la dépouille, aux siens.

– Djibi Samba, éleveur de génisses, est abattu, sous les balles de la milice, tandis qu’il gardait ses veaux.  Il est inhumé aux alentours.

8. A Mbomé et Gurel Mamudu, espace administratif de Gouraye, des gardes en tenue, ramassent les hommes valides et les internent, dans leur base ; ensuite, dès la tombée de la nuit, ils repartent violer les filles et femmes, restées seules, en compagnie d’enfants et de quelques vieillards. Aucun homicide n’est enregistré, car la troupe répugnait, en général, à liquider, les femmes et les enfants, devant témoins.

9. A Dubalde, non loin de Ould Yengé, 9 pisteurs d’animaux volés par les miliciens s’évaporent, dans la nature.

10. A mi-chemin de Dangremu et Chagaar, à l’orée de Sélibaby, le dénommé Koundel disparaît.

11. Entre Kumba Ndaw et Guemou, circonscriptiondeGhabou, Mamadou Dioum, un bûcheron et son fils vont à la découpe, pour n’en jamais revenir….

12. A Sélibaby-ville :

– Yaya Tall, parti à la recherche de son troupeau, ne réapparaît plus ; son fils y réside encore.

– Bala Sow subit une exécution extrajudiciaire, en périphérie de l’agglomération, alors qu’il suivait les traces de son cheptel. La sépulture est identifiée.

13- Kagnogol, un périmètre de culture à l’orée de Mbayédiam, Hamadi kibbo, parti chercher son chameau est abattu par balle au moment où il liait son chameau ; après leur forfaiture sanglante, les miliciens en tenues militaires emportèrent le chameau.

Conclusion

Au terme de cet exercice de documentation non exhaustive, Ira-M ouvre le registre de la remémoration, à tout détenteur d’une bribe de détail qui extirperait, du néant abyssal, le passage sur terre, d’un parent, d’un ami, d’une connaissance, toutes victimes, trop tôt ôtées à la vie, par la convergence du sentiment de supériorité et du rejet violent de la différence ainsi que  l’assurance induite. L’appel s’adresse, d’abord, aux sections locales de notre association, en particulier dans la Vallée du fleuve. Un jour, proche, bien plus proche qu’il ne paraît, les coupables rendront compte – même en dépit d’un exil doré au Qatar. La publication de la vérité, enfin, libérera, le tortionnaire, de ses angoisses et le rescapé de son ressentiment. Alors, la Mauritanie pourrait se réinventer un avenir.

Le bureau exécutif d’IRA Mauritanie

10 décembre | Anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme

Le 10 décembre 1948, la Déclaration universelle des droits de l’homme était adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU.

Rappelons son article premier : Tous les êtres humains naissent LIBRES et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

IRA France-Mauritanie souhaite rendre hommage aujourd’hui à toutes les personnes à travers le monde qui, d’une façon ou d’une autre, agissent pour que cet horizon devienne réalité.

Sévices sur un descendant d’esclaves, âgé de 13 ans

Note d’alerte

La révélation du scandale

Mohamed ould Mrazgui, enfant de 13 ans, né de caste servile, a été confié, à une famille de tuteurs, par sa mère Salma mint Salem ; celle-ci habite le village de Aïn Emelline, à 50 km de Boutilimit, chef-lieu du département, dans la région du Trarza, théâtre de dénonciations récurrentes, au motif de pratiques d’esclavage et de radicalisation religieuse. Mohamed devait servir la dame Vatimetou mint Mohamed Yahya ould Tlamid, en contrepartie d’une prime versée à ses propres parents. La ci-devant maîtresse, domiciliée à Nouadhibou, poumon économique de la Mauritanie, le maltraitait et lui faisait subir maints sévices dont des brûlures par couteau incandescent, la bastonnade à vif, l’isolement et les insultes racistes. En vertu de l’on ne sait quelle perversion, elle le contraignait à porter des tenues féminines, comme l’atteste une vidéo sur les réseaux sociaux.  Mohamed raconte, en détail, la maltraitance, le défaut de scolarisation, l’affectation permanente aux corvées et courses de la maison et le travail domestique, sans rémunération.  Dès la découverte du drame, il revendique le retour auprès de sa mère. Selon les recoupements disponibles, il s’agit d’une situation d’exploitation et de séquestration, accompagnée d’actes de barbarie, ainsi que le prouvent les images jointes et le film, bref, où il témoigne. Manifestement, il est ici question d’esclavage moderne et de traite des personnes, en relation avec la servitude d’antan, l’enfant étant né de descendants de captifs, tous deux d’origine subsaharienne. Les cas similaires sont légion en milieu arabo-berbère et pas seulement au Trarza.

La réaction des autorités

Alertée grâce à la vigilance des voisins, la section de l’Ira à Nouadhibou se saisit de l’affaire, le 23 novembre 2022 à 11h ; aussitôt, elle dépose plainte auprès du procureur de la république qui ordonne, sans délai, l’ouverture d’une enquête. La commissaire de police en charge des mineurs, madame Salka mint Choumad, traînera longtemps les pieds, avant de se décider, enfin, à 18h. Comme il est d’usage en République islamique de Mauritanie, elle s’empresse d’arrêter les militants lanceurs d’alerte, Lemrabot ould Mahmoud et Lemine Djiby, respectivement Secrétaire général et responsable des droits humains, au sein de la section locale de l’Initiative de résurgence abolitionniste (Ira). Ils furent libérés, à minuit. A leur sortie, l’officier de la sûreté publique, Salka mint Choumad, intima, aux activistes, de laisser la victime entre ses mains et de rentrer chez eux.  Compte tenu des antécédents de pression multiforme aux fins de modifier la nature du litige et de l’inscrire à la rubrique des faits divers, les partisans de l’Ira refusèrent de déférer à l’injonction. Leur crainte n’allait tarder à recevoir une illustration éclatante.

Cependant et contre toute attente, le parquet décida de sévir : dès après 18h, la police convoque Vatimetou mint Mohamed Yahya ould Tlamid, cible de l’incrimination et la place en détention préventive. Alors, la machine – rodée – du blanchiment des crimes d’esclavage, se mit en marche: la génitrice de Mohamed Mrazgui, Salma mint Salem, ainsi que le père, effectuent un voyage-éclair, de Boutilimit à Nouadhibou, sur un trajet de plus de 600km. Sous influence prévisible de la police, des politiciens du cru, de certains magistrats et des tribus, le couple exclut d’ester en justice ; la maman de Mohamed déclare avoir « confié » l’enfant à ses tortionnaires présumés ; elle s’emploie, plutôt, à changer les propos de ce dernier, malgré l’appel au secours et l’évidence des griefs, d’ailleurs circonstanciés. En dépit des preuves de violence que confirment les cicatrices de blessures anciennes et fraîches, le père et la mère, assurent que la victime bénéficiait d’un traitement enviable ; son fils, prétend-elle, s’habillait bien et recevait de l’argent, en vertu d’une libéralité de ses bienfaiteurs. Raison supplémentaire de vigilance, de nature à interpeller le pouvoir exécutif, les députés et la Commission nationale des droits de l’Homme (Cndh), Salma mint Salem évoque, par comparaison, le sort de ses autres garçons qui se trouveraient dans une posture similaire mais elle n’en précise le détail. Une enquête indépendante s’impose et vite.

Observations

Peu de jours après la visite, à Nouakchott, du Président du Conseil européen, l’honorable Charles Michels, porteur d’un message de relèvement de la coopération en matière d’Etat de droit et de sécurité, voici la Mauritanie rattrapée par l’héritage de l’esclavage, du racisme et de l’impunité. Le calvaire de Mohamed ould Mrazgui vient rappeler, à nos partenaires et surtout à l’opinion nationale, l’urgence d’une action spécifique pour sauver des milliers de mineurs en déshérence, de la double peine qu’implique le statut de rejeton d’esclaves, même affranchi : autant ils endurent la misère et l’exploitation, autant l’avenir hors de l’école moderne compromet leurs chances d’émancipation. A supposer qu’il soit acquis, l’enseignement exclusif du Coran ne les nourrira, ici-bas…

Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)

Nouadhibou, 28 novembre 2022

Liens connexes

L’enfant se décrit : https://web.facebook.com/abou.doip/videos/654458526377029

La mère donne sa version : https://web.facebook.com/lamin.djibi/videos/1435208000222082

Charles Michels se rend en Mauritanie : https://ami.mr/fr/index.php/2022/11/21/charles-michel-la-mauritanie-est-un-partenaire-solide-de-lue-un-partenaire-stable-dans-une-region-difficile/

28 novembre | DÉCLARATION des Associations mauritaniennes de France

DECLARATION  

Dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990, à INAL, 28 militaires noirs sont pendus par leurs « propres frères d’arme arabo-berbères », au nom de l’État, en guise de célébration du 30ème anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale.

Ce faisant, le régime sanguinaire arabo-berbère du Colonel Maawouya OULD SID’AHMED TAYA qui a entamé un génocide contre la communauté négro-africaine du pays dès l’année 1986, a voulu marquer l’institution définitive d’un État mauritanien exclusivement arabe. La date du 28 novembre, qui devait être le socle symbolique de l’unité de tous les Mauritaniens, est devenue un jour de douleur, de deuil et de grande tristesse pour toute la communauté négro-africaine.

En effet, pendant que la Mauritanie officielle et des pans entiers de la population paradent pour célébrer l’anniversaire de l’indépendance, une autre grande partie du peuple se recueille dans le deuil et les prières en commémoration de ces crimes qui marquent le point culminant de la page la plus abjecte de l’histoire de la Mauritanie.

Depuis cette sinistre nuit d’INAL, les veuves, orphelins et ayants-droits des victimes des purges ethniques, ainsi que toutes les organisions des droits de l’homme, civiles et politiques, engagées pour les causes d’équité et de droits ne cessent de réclamer Justice, mais en vain. Cette épuration ethnique, faut-il le rappeler, ne s’est pas limitée à l’armée, mais a transformé la vallée du fleuve et tous les recoins du pays où habitent et travaillent les négro-mauritaniens, en territoires de non droit, de viols, d’humiliations de toutes sortes, d’accaparement des terres cultivables et d’exécutions sommaires.

A cette occasion, nous exprimons notre colère, notre révolte et notre cri de voir l’État mauritanien persister dans son manque de courage à assumer ses responsabilités. Nous estimons qu’il n’y a aucune volonté politique de résolution de la tragédie vécue par la composante négro-mauritanienne noire, par des gestes significatifs et des actions concrètes. Au contraire, il y a des tentatives de manipulations et de divisions des victimes, pour que la justice ne soit pas rendue. Nous en appelons aux organisations politiques, associatives, aux victimes et à la communauté internationale pour que la justice fasse son travail. Personne ne pourra pardonner des crimes dont les responsabilités n’ont pas été identifiées : Justice avant le pardon.

Cette date, le 28 novembre n’est plus celle de l’honneur, de la dignité et de la fierté de notre pays, mais celle de la honte, de la trahison et de l’inhumanité. Il faut changer de sens et de symbole pour célébrer l’indépendance  nationale.  

Nous exigeons du gouvernement mauritanien l’application du devoir de vérité, du devoir de justice, du devoir de mémoire, des réparations matérielles et morale pleines et entières.

Nous demandons aux autorités qataris l’expulsion, au mieux l’arrestation et le déferrement de Maawouya OULD SID’AHMED TAYA, principal auteur du génocide mauritanien, qui vit en reclus au Qatar où l’Émir lui a accordé l’asile politique.

Les organisations signataires : 

LE COMITE INAL , AVOMM, ARMME, CAMME,OCVIDH, ODH, VOIX, MURITANI MIN NJEJJITTAA, FLAM,FPC, AJDM/R, PLEJ, AFMAF, IRA

Paris, le 27 novembre 2022

28 novembre | Fête nationale et jour de deuil.

Le 28 novembre 1960, la Mauritanie devenait indépendante. Mais depuis 1990, cette date ne peut plus être célébrée. Elle est au contraire un jour de deuil pour les noirs mauritaniens et tous ceux qui se soucient des droits de l’homme.

En effet, le 28 novembre 1990, 28 soldats peulhs emprisonnés à Inal furent choisis pour être exécutés par pendaison. Ce crime d’État reste à ce jour impuni. Chaque année, le leader de notre mouvement, Biram Dah Abeid, et sa délégation se rendent dans cette ville pour se recueillir sur les tombes des soldats. C’est un moment douloureux pour les familles des victimes. Le principal auteur de ce crime est le sanguinaire Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya qui vit en reclus au Qatar où l’émir lui a accordé l’asile politique.

Dimanche 27 novembre 2022, des associations et des ONG de défense des droits de l’homme ont appelé les Mauritaniens de France et tous les sympathisants à manifester du Parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro jusqu’à l’ambassade du Qatar, afin de demander l’expulsion, l’arrestation et le déferrement de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, et plus largement de dire NON au racisme en Mauritanie, NON à l’oubli, NON à l’impunité, OUI à la traduction des coupables devant la justice.

Associations et organisations signataires : Le Comité Inal, le Cadre de Concertation des Rescapés Mauritaniens en Europe et aux USA (AVOMM, ARMME, CAMME, OCVIDH, VOIX, ODH et Muritani Min Njejjittaa), les Organisations Mauritaniennes de défense des droits de l’homme, mouvements politiques et partis politiques, AFMAF , FLAM, FPC et AJD MR, IRA France Mauritanie.

Forum Régional Africain pour la libération de l’esclavage

Kigali, Rwanda, 21-25 novembre 2022 – Communication de Biram Dah Abeid

Bonjour, mesdames et messieurs, chers participants !

Citoyen de la République Islamique de Mauritanie, je viens du Sahel, une contrée de l’Afrique qui a hérité, depuis avant l’islamisation et la colonisation, de communautés structurées sur l’inégalité de naissance, l’endogamie et l’esclavage. Dans les sociétés du Sahel-Sahara post-islamisation, les groupes dominants fondèrent leurs règles de préséance sur l’esclavage et transposèrent les textes, de droit « musulmans », à leurs modes de vies, bien antérieurs à l’Islam; néanmoins, l’adaptation de la nouvelle religion, aux rapports de supériorité, engendrera la légalisation des pratiques d’inégalité de naissance, qui connaîtront, alors, un essor historique, géographique et culturel. Le commerce négrier vers les Amériques est venu, dans la foulée, pour enraciner et figer, jusqu’à nos jours, un lien de domination où s’insinue le racisme anti- noir ; l’hémorragie du Continent, à travers les pistes des traites transsahariennes ainsi que celles d’Afrique du Nord, du littoral Swahili et de la mer Rouge, se trouva renforcée et dépassée par la version atlantique et triangulaire. Le déplacement forcé des populations jeunes devient plus actif et massif, renforçant davantage l’impact de l’esclavage et de ses manifestations dans les sociétés du Sahel-Sahara.

La colonisation française utilisera deux procédés différents face à la persistance du problème en Afrique. Le premier procédé s’adresse, d’abord, aux autochtones subsahariens et adopte le choix de la répression, quoique de manière souvent molle. Le deuxième vise plutôt les groupes Arabe, Touareg et Maures, des peuples que la littérature coloniale sublimait et appelait « les hommes bleus ». L’esclavage en leur sein a été largement toléré et même concédé par l’administration coloniale. Ainsi, les responsables de l’occupation niaient l’existence d’esclaves et préféraient parler de « captifs » : aujourd’hui, la ligne politique et diplomatique de négation de l’esclavage qu’adopte la Mauritanie et d’autres pays du Sahel est un héritage du colonialisme français. Tous les dirigeants de l’Afrique indépendante sont tombés dans le travers du négationnisme, attitude qui fera, des esclaves chez nous, les vrais laissés-pour- compte de la colonisation et de la décolonisation, dans le même temps.

Plus que tous les pays sahéliens dont les sociétés vivent l’esclavage coutumier et de castes comme un trait culturel, la Mauritanie, continue de fonder le mode de vie d’une importante partie de l’élite arabo-berbère dominante, sur l’exploitation de l’homme par l’homme, notamment le travail non-rémunéré et indécent, sans omettre la séparation des familles serviles, le trafic des enfants et des femmes; le droit de s’approprier le corps d’une esclave et la légitimation du viol ancillaire ponctuent la déshumanisation des victimes. Aussi, devant le caractère scandaleux de la question, l’oligarchie esclavagiste qui dirige la Mauritanie, adopte, désormais, la duplicité de sa diplomatie, à l’endroit du droit international public. La ruse consiste à ratifier toutes les conventions possibles et imaginables sur l’esclavage et les trafics des personnes, édicter des lois nationales de coercition, capter les fonds destinés aux colloques, ateliers et autres programmes de prévention et formation, voire créer des tribunaux ad- hoc. A un autre niveau de traitement oblique du phénomène, il s’agira de nommer des cadres ou personnalités issus des milieux serviles, au sein du gouvernement et de la haute administration, en leur assignant la mission de témoigner contre le réel ; in fine, des institutions comme la Commission nationale des droits de l’Homme (Cndh), le Commissariat éponyme et le Mécanisme national de prévention de la torture (Mnp) bénéficient de financements, en vue de saturer la sensibilisation contre l’esclavage, au détriment de la sanction pénale; certains diplomates, représentants des pays du monde libre ou des institutions internationales, accompagnent parfois ce carnaval d’enfumage. Cependant :

1- L’Etat mauritanien assure l’impunité totale dans tous les dossiers de crimes avérés d’esclavage : Les plaintes de la petite Ghaya Maiga, Mariem Cheibani et ses filles, deux exemples parmi plusieurs, qualifiés de contrainte esclavagiste par le Parquet et la police, sont sabotées, sur injonction du pouvoir ; juges d’instruction, messieurs Outhmane Mohamed Mahmoud, Moctar Ahmed Dah et Moulaye Ahmed Mohamedhen s’abstiennent d’appliquer la loi, en dépit même des insuffisances de celle-ci. De surcroît, les autorités se gardent de porter assistance matérielle et psychologique, aux personnes à présent émancipées, d’où le retard de leur réinsertion dans une société de normalité moderne. Aucun bourreau n’est exproprié au profit de ses esclaves, malgré des siècles d’humiliation et de violence, y compris le viol des servantes et des cas de mutilations parmi le cheptel masculin.

2- Le gouvernement exerce l’ostracisme contre l’ONG Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) ; la punition survient en réaction à notre volonté de ne pas accepter de compromission avec les violations de la dignité minimale des gens : depuis le passage du Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines de l’esclavage, à Nouakchott et sa rencontre avec nous, les proches du Président de la république islamique de Mauritanie ont enclenché la diabolisation de l’Ira-M et de ses dirigeants ; nous voici sanctionnés au motif d’avoir livré, à notre interlocuteur onusien, notre part de vérité, en somme un diagnostic sévère mais fidèle quant aux discriminations envers les noirs de Mauritanie. Celles-ci se manifestent encore dans la rue, visibles à l’œil nu, à tous les échelons de la vie civile et à l’intérieur de l’appareil d’Etat. Justice, commandement militaire et de sécurité, économie, banques, tenure des terres de culture, diplomatie et office religieux illustrent la vivacité et la permanence de la ségrégation.

3- Le seul parti capable de créer l’alternance dans mon pays, le parti pour la Refondation et une action globale (Rag), est interdit parce qu’il projette, en vertu du vote libre et de la non-violence, le démantèlement du système d’hégémonie raciale et l’instauration d’un État de droit où la citoyenneté égale et unique, la pluralité ethnique et linguistique, le bannissement de l’obscurantisme et la gouvernance économique transparente sont parmi les orientations principales.

Mesdames et Messieurs, honorable assistance, je vous invite à davantage suggérer aux organismes gouvernementaux et non gouvernementaux accrédités en Mauritanie d’être plus vigilants aux fins de mieux s’imprégner du scandale de l’impunité et de la duplicité et d’en documenter le fil et les manifestations. Nous comptons sur vos observations et propositions pour notre action en vue du règlement définitif, au nom du devoir de solidarité universelle, en face de l’ignominie que je viens de décrire. Je vous remercie.

Libération des militants du parti RAG

27 septembre. Nous apprenons avec soulagement la libération des militants du parti RAG emprisonnés arbitrairement depuis le 21 septembre. L’appel à manifester est cependant maintenu. Nous vous donnons rendez-vous demain mercredi 28 septembre de 12 h à 14h devant l’ambassade de Mauritanie à Paris, afin de protester contre la détention injustifiée subie par Mme Salma Dia, Mme Achour Ghamou, M. Cheikh Vall, M. Hassan Moktar et M. Mohamed Ali.

Ambassade de Mauritanie. 5 rue Montevideo 75016 Paris. Métro ligne 2 station Porte Dauphine.

Merci par avance de votre mobilisation !

Communiqué de presse et appel à manifestation – Arrestation de 5 militants de RAG

Nouakchott. Le 21 septembre 2022 , 5 militants du parti RAG, aile politique d’IRA Mauritanie, ont été convoqués et enlevés par la police politique de Nouakchott puis conduits à Kiffa, à 600 km de la capitale, sans aucune raison alléguée et en dehors de toute procédure judiciaire légale.

Il s’agit de Mme Salma Dia ; Mme Achour Ghamou ; M. Cheikh Vall ; M. Hassan Moktar ; M. Mohamed Ali.

Après avoir vu quelques améliorations en matière de droits humains ces dernières années, la nouvelle présidence Ghazouani, par son gouvernement, promulgue des décrets érodant les réformes précédemment entamées. Le ministre de l’Intérieur refuse de reconnaître le parti RAG . Pour intimider et empêcher toute expression de mécontentement, la population subit à nouveau des arrestations arbitraires.  

Nous appelons à une manifestation et mobilisation générale mercredi 28 septembre 2022 de 12h à 14h dans toutes les sections d’IRA en Europe.

Nous dénonçons avec force les méthodes barbares de la police politique et l’exhortons à libérer immédiatement et sans condition les 5 militants arrêtés. Nous demandons la fin des arrestations arbitraires et le respect de la liberté d’expression des oppositions, ainsi que la reconnaissance du parti RAG.

Toutes les sections d’IRA en Europe appellent à une manifestation et mobilisation générale mercredi 28 septembre 2022 de 12h à 14h.

Les signataires 

IRA FRANCE 

IRA BELGIQUE 

IRA ITALIE 

IRA ESPAGNE 

IRA HOLLANDE

IRA ALLEMAGNE