Le Président de l’Association des Haratine de Mauritanie en Europe décoré par la Ville de Clichy


IRA France Mauritanie adresse ses plus sincères félicitations à Mohamed Yayha ould Ciré au moment où ce dernier se voit décerner la médaille de la Ville de Clichy. Cette médaille attribuée à l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition, honore un militant engagé, un humaniste et un érudit sur la question de l’esclavage en Mauritanie. Nous nous associons avec plaisir et émotion à la fierté et à la joie de Mohamed  Yahya et de tous nos amis de l’Association des Haratine de Mauritanie en Europe

Jean-Marc Pelenc, Président et le Bureau de IRA-France-Mauritanie

Lettre d’actualités du mois de mai 2021

            Nous avons le plaisir de publier notre première Lettre d’Actualités de l’association à destination des adhérents et du public. Elle a pour vocation de vous tenir informés des actions de notre association en France et en Mauritanie et de la situation des droits humains en Mauritanie, en particulier sur les questions de l’esclavage et des discriminations, avec une attention soutenue portée à l’activité d’IRA. Cette Lettre sera publiée sur notre site (irafrance-mauritanie.org), sur notre page Facebook (www.facebook.com/irafrance.mauritanie) et sur le groupe WhatsApp d’IRA-France-Mauritanie.

  • Envoi de médicaments en Mauritanie : Ce projet est plus que jamais en cours. Nous espérons vous tenir très rapidement informés de l’arrivée de ce convoyage.
  • La Mauritanie condamnée pour le dernier emprisonnement de Biram Dah Abeid : le Comité des Droits de l’Homme de l’Union Interparlementaire (association mondiale de défense des parlementaires basée à Genève), dans sa décision de mars, condamne la Mauritanie pour le procès et l’emprisonnement particulièrement arbitraires d’août à décembre 2018 de Biram Dah Abeid qui était déjà député. A l’époque, le gouvernement du Président Aziz avait monté de toutes pièces une fausse accusation de violence envers un journaliste pour empêcher Biram de mener campagne pour sa réélection. Cette manoeuvre n’avait pas empêché sa réélection et le Comité, saisi par IRA, a donc prononcé une décision sans appel sur le caractère particulièrement injuste de cet emprisonnement. Une nouvelle condamnation internationale de la Mauritanie pour non-respect des droits humains, même pour les parlementaires ! 
  • Sur les questions de l’esclavage et des discriminations, les nouvelles sont nettement moins bonnes :

                        – au début du mois, à Kaédi (sud de la Mauritanie), des heurts violents avec blessés ont eu lieu dans la communauté soninké, après le remplacement ponctuel de l’imam titulaire par un membre de la communauté considéré comme esclave et jugé donc inapte à cette fonction par certains nobles. De nombreux appels au calme ont été lancés, mais l’évènement en dit long sur la persistance forte de mentalités et comportements esclavagistes…

                        – en mars, l’association SOS-Esclaves a dénoncé la présence d’une jeune fille esclave dans une dot de mariage dans une riche famille à Ouadane dans le centre du pays. Les médias locaux ont fait beaucoup de bruit autour de cette affaire pas encore totalement éclaircie. La Commission Nationale des Droits de l’Homme semble plus empressée de mettre hors de cause la famille que de protéger la jeune fille, les autorités de leur côté ont emprisonné pendant quelques jours deux responsables locaux de SOS-Esclaves… En s’appuyant sur de nombreux signaux contradictoires venus de la part des autorités, Biram Dah Abeid a dénoncé la présence au sein du gouvernement de forces hostiles à un plus grand respect des droits humains et à l’application des lois.

                        – enfin, les Haratines et les Mauritaniens noirs de retour après l’exil forcé des années 90 rencontrent toujours autant de difficulté pour se faire recenser et voir reconnaître leur nationalité mauritanienne (on parle d’enrôlement). Le nombre très insuffisant de bureaux, de fonctionnaires affectés à cette tâche, le mépris et la mauvaise volonté évidente de certains d’entre eux alimentent la chronique depuis des années. Ceci est d’autant plus grave que l’absence d’enrôlement empêche un adulte d’avoir des papiers d’identité , de voter et de voyager, un enfant d’être scolarisé dans l’enseignement public à partir du collège, de bénéficier de certains soins de santé. Biram Dah Abeid a dénoncé récemment avec force cette situation scandaleuse organisée par le précédent Président Aziz et a interpelé solennellement le Président Ghazouani à ce sujet.

COMMUNIQUE de CONDOLEANCES

                                         

C’est avec une grande tristesse que nous apprenons ce mardi 20 avril 2021, le décès de Pierre SOUHAITE. Pierre était un militant de longue date d’Amnesty International, très actif au sein du groupe d’Amnesty de Digne (04) aux côtés de notre Président d’Honneur Régis Coulange.

Pierre a rejoint notre association dès l’année 2015. Ayant longtemps vécu en Guadeloupe, passionné d’histoire, Pierre s’est très rapidement intéressé aux problèmes de l’esclavage dans ce département français d’Outre-Mer, jusqu’à y consacrer un livre qu’il a intitulé Le prix de la liberté aux Editions Paroles.

Il y rappelle avec détermination et sans concession qu’en 1802, Bonaparte a rétabli en Guadeloupe l’esclavage pourtant aboli en France en 1794 et comment de jeunes hommes qui s’étaient engagés pour défendre la liberté et les acquis de la Révolution, ont été utilisés à des fins de répression de cette même liberté. Sans complaisance avec les militaires, les planteurs ou les propriétaires, il décrit les formes d’esclavage endémiques jamais disparues finalement.

Ces sujets le passionnaient car ils lui permettaient d’évoquer toutes les formes de violations des Droits Humains dans le monde, dont l’esclavage.

Nous avons avec lui, participé à Digne à deux de ses conférences lorsque nous avions, entre autres, en 2017, monté et présenté notre exposition, « Photos et paroles d’esclaves ».

Pierre devant un public nombreux avait évoqué les combats abolitionnistes menés par Biram dah Abeid. 

Il était un soutien discret et fidèle de notre association.

Nous pensons aujourd’hui à sa famille et à ses proches.

Nous venons de perdre un grand militant abolitionniste de l’esclavage, un ami.

Les membres du Bureau d’IRA France-Mauritanie

Décision du “Comité des Droits de l’Homme des Parlementaires” de l’Union Interparlementaire de mars 2021

Nous avons le plaisir de porter à votre connaissance une décision, certes tardive, du Comité des Droits de l’Homme de l’Association mondiale des parlementaires. Situé à Genève, ce Comité, émanation de l’Union Interparlementaire, a pour objectif de défendre les droits d’un nombre croissant de parlementaires à travers le monde qui sont victimes de violences et de mauvais traitements, voire menacés de mort, simplement parce qu’ils font leur travail. Cette décision sanctionne la Mauritanie pour le procès et l’incarcération particulièrement arbitraires d’août à décembre 2018 de Biram Dah Abeid, alors député. A l’époque, le gouvernement du Président Aziz avait monté de toutes pièces une fausse accusation de violence envers un journaliste pour empêcher Biram de mener campagne pour sa réélection. Cette manoeuvre n’avait pas empêché sa réélection et le Comité, saisi par IRA, a donc prononcé une décision sans appel sur le caractère particulièrement injuste de cette incarcération. Une nouvelle condamnation internationale de la Mauritanie pour non-respect des droits humains, même pour les parlementaires !

Une jeune fille pour dot

Nous manquons encore de précisions, mais il nous semble important de porter à votre connaissance le communiqué d’une association amie SOS-Esclaves qui s’indigne contre une situation scandaleuse malheureusement encore fréquente. Selon une tradition encore en vigueur, une jeune fille hartani aurait été donnée en dot à l’occasion d’un mariage dans une riche famille maure à Ouadane. Nous exigeons bien sûr avec tous les abolitionnistes l’application des lois anti-esclavagistes avec, si c’est bien le cas, la libération immédiate de cette jeune fille et réparation du préjudice subi.

Le Bureau d’IRA France Mauritanie

COMMUNIQUÉ DE SOS-ESCLAVES

29 mars 2021

« À la suite d’un mariage organisé à Ouadane, il a été tenu une formule selon laquelle la dot comprend le don d’une esclave. En réaction à cela, SOS Esclaves condamne fortement de tels propos qui constituent une apologie claire et nette de l’esclavage que les dispositions de la loi 031/2015 condamne. SOS Esclaves demande aux autorités mauritaniennes d’engager une démarche globale pour lutter contre ces pratiques réactionnaires qui mettent en cause tous les efforts nationaux pour l’instauration d’une société égalitaire et d’entreprendre les investigations nécessaires afin de s’assurer que ces déclarations rétrogrades n’ont pas été suivi de faits. Le cas échéant, SOS Esclaves demande l’application des dispositions de la loi 031/2015 à l’encontre des responsables de ces pratiques criminelles. »

JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES

En cette Journée internationale de la Femme, nous souhaitons une très bonne fête à toutes les Femmes du monde, plus particulièrement aux femmes d’IRA France et d’IRA Mauritanie. Le 8 mars est un jour mémorable pour les droits de la Femme. On rend hommage à ces Femmes battantes, Femmes entrepreneures, Femmes chefs d’entreprises, Femmes au foyer et surtout à ces dames qui sont au chevet des malades en cette période de pandémie. Nous invitons toutes les femmes à la participation pleine et effective dans la prise de décisions au sein de la sphère publique. Nous appelons à l’élimination de toutes les formes de violence et d’esclavage infligées aux femmes et aux filles en Mauritanie ainsi que dans le monde.

Violences et détentions arbitraires inacceptables

Communiqué de presse d’IRA France-Mauritanie, 2 décembre 2020

A l’attention de Monsieur Mohamed Cheikh Mohamed ould Ghazouani

                           Président de la République Islamique de Mauritanie

Ce dernier samedi 28 novembre 2020 la Mauritanie célébrait le 60ème anniversaire de son indépendance dans l’ensemble du pays. Depuis cette indépendance, la Mauritanie a été marquée par des politiques discriminatoires excluant systématiquement les noirs de toutes responsabilités gouvernementales.

 Et quand l’ensemble de cette communauté majoritaire manifeste pacifiquement, comme toujours, pour commémorer les massacres dont elle a été l’objet, la classe politique au pouvoir depuis 60 ans, lui confisque le plus élémentaire des droits : celui de se rassembler en lui interdisant son droit à pleurer ses morts.

Monsieur le Président de la République, ce samedi 28 novembre, vous pouviez transformer cette fête nationale en y incluant une forme de pardon et de reconnaissance envers des familles entières rongées par le deuil, rongées par la douleur d’avoir perdu leurs maris, leurs enfants, lors de ce sinistre jour où, à Inal en 1990, 28 détenus étaient pendus, lâchement exécutés. Cette date n’est plus pour ces familles une commémoration de « fête », mais elle est devenue une journée de deuil à la mémoire de martyrs et d’un passif humanitaire qui pèse si lourdement sur la majorité de la population mauritanienne.

Monsieur le Président, ce pogrom intentionnel, constitue un acte de génocide au sens de l’article 2 de la Convention des Nations Unies du 9 décembre 1948 « sur la répression des crimes de génocide ». Les forces de l’ordre ont réprimé et mis en détention avec un parallèle inouï, 28 personnes ce dernier 28 novembre. Pacifiquement, elles demandaient à ce que l’on n’oublie pas. C’est par la violence et la détention, une nouvelle fois, qu’elles ont été ostracisées, privées de leur droit fondamental : la liberté d’exprimer publiquement leur douleur.

Nous vous prions, Monsieur le Président de la République, de bien vouloir vous exprimer sur ces exactions au moment où vous semblez opérer une ouverture en faveur des défenseurs des droits humains.

 Jean-Marc Pelenc, Président de IRA France-Mauritanie

Accompagnement d’un procès contre la torture en Mauritanie

Deux membres d’IRA, anciens prisonniers d’opinion, ont été détenus à Bir Moghreïn en 2017 et 2018, et IRA France Mauritanie a déjà mené par le passé plusieurs actions pour les soutenir. Notre délégation les a rencontrés en janvier à Nouakchott. Ils avaient alors décrit les tortures subies lors de leur garde à vue en juillet 2016, le refus du juge de les prendre en compte lors de leur procès, les séquelles dont ils souffrent encore, leur souhait de lutter contre l’impunité des forces de police et leur besoin de se voir reconnu le statut de victimes. Avec l’appui de Biram Dah Abeid, nous soutenons aujourd’hui ces prisonniers rejoints par trois autres, arrêtés et torturés au même moment, dans leur démarche auprès d’une grande avocate mauritanienne, Maître Fatimata M’Baye, pour déposer une plainte auprès du Tribunal de Nouakchott. La Clinique internationale des Droits humains de Faculté de Droit d’Aix-en-Provence va nous apporter son aide pour étudier les possibilités d’actions juridiques auprès d’organismes internationaux. Nous pensons essentiel de soutenir les anciens prisonniers d’IRA dans leur lutte courageuse contre l’impunité : la torture est un fait avéré en Mauritanie depuis des décennies, dénoncé par les grandes organisations internationales des droits humains et elle a toujours été largement utilisée contre les militants anti-esclavagistes. 

Des nouvelles de notre jardin d’enfants à Nouakchott

Tout d’abord un grand merci à toutes celles et tous ceux qui ont répondu à notre appel pour venir en aide au Jardin d’enfants. Grâce à votre générosité, nous avons pu régler les problèmes financiers que nous rencontrions, et nous repartons maintenant sur de bonnes bases, dans un nouveau local beaucoup plus agréable, à proximité immédiate de l’ancien.

Trente trois enfants sont inscrits et la fréquentation quotidienne oscille entre 20 et 30 enfants. Pas de confinement pour le moment en Mauritanie ! Certains des enfants accueillis l’an dernier sont entrés en première année d’école primaire : une maman, très heureuse, est revenue avec son fils pour dire que l’enseignant l’avait complimentée sur le comportement de son enfant et sur tout ce qu’il savait déjà. Cette maman a dit au directeur qu’elle se faisait un plaisir de répandre l’information dans le quartier ! Le rapport d’activité du Jardin d’enfants pour l’année scolaire 2019-2020 insiste d’ailleurs sur la grande confiance des familles.

60 ans après l’indépendance, où en est la Mauritanie ?

Il y a eu 60 ans que la Mauritanie a eu son indépendance. De nos jours, nous vivons l’injustice, la discrimination, le racisme et l’esclavage sous une forme d’apartheid. Il reste un des pays les plus reculés au monde en matière de liberté d’expression. Le 9 novembre 2020 le député Mohamed Bouya a empêché le ministre des finances de s’exprimer en français au sein de l’hémicycle en voulant lui imposer une autre langue, un acte intolérable et raciste qui prouve encore une fois que ce système et ces élus veulent restreindre la liberté à une partie des noirs Mauritaniens qui ne s’expriment que dans cette langue au sein de l’administration. Ceci s’est produit devant le président de l’Assemblée nationale. Ce député doit être sanctionné car il sème davantage la division et le racisme entre les noirs et les maures blancs au sein du parlement. En Mauritanie, certaines personnes manifestent contre les propos de Monsieur Macron ou réclament de boycotter la langue Française alors que la France est un pays d’accueil pour les opprimés et les exilés des pays esclavagistes comme la Mauritanie. Le Français est une langue utilisée dans l’administration particulièrement par les noirs Mauritaniens. Le système en place tente de nous exclure du pays en voulant nous imposer l’Arabe. Aujourd’hui, la pratique de l’esclavage est répandue partout en Mauritanie où les autorités refusent d’appliquer la loi et emprisonnaient arbitrairement des militants d’IRA qui la dénoncent.Nous assistons à une augmentation de la délinquance. Les viols et les crimes s’accentuent de jour en jour. Des innocents sont tués, massacrés, jetés en prison, traînés devant les tribunaux. Aucun de ces soi-disant savants ou Oulémas qui manifestent contre la langue Française ne manifestent ou ne condamnent ces atrocités causées par des assassins qui agissent impunément.Il y a 1 an et demi que le nouveau président est arrivé au pouvoir. L’injustice et la discrimination raciale sont malheureusement toujours présentes. La majeure partie des nominations administratives s’adresse à la communauté Beydane et les candidats qui réussissent aux concours nationaux sont généralement issus de cette frange avantageuse de la population, situation qui dénote la continuité des 10 ans de la présidence de l’ancien chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz. Le 28 novembre, date anniversaire de la fête d’indépendance, s’approche. Elle représente, depuis le 28 novembre 1990, un jour de deuil pour les noirs Mauritaniens. Ce jour, 28 soldats Peulhs emprisonnés à Inal avaient été choisis et exécutés par pendaison pour célébrer l’évènement. Ce crime d’Etat reste à ce jour impuni.Chaque année, le leader de notre Mouvement de l’IRA, Biram Dah Abeid et sa délégation se rendent dans cette ville, où ces soldats ont été pendus, pour se recueillir sur leurs tombes. C’est un moment douloureux pour les familles des victimes. En ce moment, le nouveau Président Ould Ghazouani effectue une tournée au niveau de la région de la Vallée. Bien qu’une ouverture vers les droits humains semble se manifester, les populations attendent plus. Les simples visites ne les satisfont pas. Elles veulent le changement du système instauré depuis les années 60. Les veuves et les orphelins veulent la justice et la réparation des dommages qui leur ont été causés.