COLLOQUE DU G5 SAHEL CONTRE L’ESCLAVAGE À NOUAKCHOTT, 16-17 MARS 2022

Les 16 et 17 mars 2022 s’est tenu à Nouakchott un colloque organisé par le réseau G5 Sahel contre l’esclavage sur le thème « Faire de la lutte contre l’esclavage un combat commun et consensuel entre la société civile et les gouvernements des pays du Sahel », sous le haut patronage du président de la République islamique de Mauritanie, Son Excellence Mohamed Cheikh Ghazouani. Le Palais des Congrès de Nouakchott était mis à disposition d’IRA et des autres ONG organisatrices. IRA-France était représentée par Laure Humbel, membre du bureau.

télécharger la brochure finale officielle

Ouverture du colloque, 16 mars 2022

Le titre du colloque est un programme, mais déjà un aboutissement. Qui aurait pensé il y a quelques mois encore que puisse avoir lieu dans la capitale mauritanienne, sous l’égide des plus hautes autorités de l’État, un congrès international de militants anti-esclavagistes et d’experts, sur le thème de l’esclavage au Sahel, et sur l’invitation d’IRA, association qui n’avait aucune existence légale jusqu’à la fin de l’année dernière ? Il faut donc souligner la portée historique de cet événement. Ce signe fort d’un changement d’attitude de la part des autorités mauritaniennes est particulièrement encourageant. Le combat contre l’esclavage est loin d’être gagné, mais le rapprochement des autorités et de la société civile est une étape essentielle dans le processus.

Biram Dah Abeid a accueilli les participants avec un discours d’ouverture prononcé d’abord en hassanya (l’arabe dialectal parlé en Mauritanie) puis en français. Le président d’IRA souhaitait en effet se faire comprendre de l’ensemble de l’assistance qui l’a généreusement applaudi et ovationné. Les militants d’IRA étaient quant à eux présents en grand nombre dans le service d’organisation et sur scène, dans leur costume noir et blanc, une femme et un homme en alternance.

Discours de Biram Dah Abeid et militants d’IRA

Ali Bouzou, Secrétaire exécutif du « G5 Sahel contre l’esclavage », a pris la parole à son tour. Ce réseau, co-organisateur du congrès, a été créé en 2017 à Bamako, par trois associations actives dans la lutte contre l’esclavage, IRA en Mauritanie, TIMIDRIA au Niger et TEMEDT au Mali. Le réseau a pris ce nom en référence au G5 Sahel contre le terrorisme, afin de montrer que la lutte contre l’esclavage n’est pas dirigée contre le pouvoir en place. Il a été rejoint depuis par FESTICHAMS du Burkina Faso, ARED du Tchad et Gran Lekol Filozofi de l’Île Maurice.

Quatre panels ont suivi jusqu’en fin d’après-midi et le lendemain matin, sur les thèmes suivants :
– L’expérience d’organisations de la société civile dans la lutte contre l’esclavage.
– Aspects psycho-sociaux de l’esclavage et leurs ramifications.
– Causes et conséquences de l’esclavage au Sahel.
– Défis et les perspectives de la lutte contre l’esclavage au Sahel.

Le Palais des Congrès de Nouakchott

Sont ensuite intervenus depuis Genève par visioconférence Georgina Vaz Cabral du Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour la lutte contre les formes contemporaines d’esclavage, puis Jean-Marie Kagabo du Bureau international du Travail.

Le reste de la journée a été consacré au travail en vue de l’élaboration du Manuel de lutte contre l’Esclavage. Deux groupes (l’un sur la Mauritanie, le second sur les autres pays du Sahel) se sont d’abord réunis dans deux salles différentes pour définir des propositions sur la base d’un sommaire préétabli, avant que leurs représentants ne viennent exposer à la tribune le résultat de ces discussions de groupe. Il convient de noter que le travail de groupe était ouvert à tout le monde, chacun pouvant y participer librement.

En conclusion, Ali Bouzou, secrétaire général du G5 Sahel contre l’esclavage, a souligné la dimension historique du congrès. Il a donné rendez-vous en avril prochain à Yaoundé pour une rencontre du réseau avec des chercheurs, puis à Niamey en juin pour la validation du manuel et le lancement d’une étude pilote sur 200 personnes pendant 4 ans.

Ali Bouzou, Secrétaire exécutif du Réseau G5 Sahel contre l’esclavage, présente le « Manuel de lutte contre l’esclavage au Sahel »

Le rapport du colloque a été présenté à l’assemblée pour approbation et amendement, avant que Biram Dah Abeid, puis le représentant du Commissaire aux Droits de l’Homme ne prononcent les discours de clôture.

Biram Dah Abeid a rappelé encore une fois combien ce congrès constitue une révolution, avec la réception officielle au palais des congrès d’hôtes dignes qui étaient refoulés jusque là et qu’on ne pouvait recevoir au grand jour.

Le colloque a été suivi d’un voyage à Rosso, terre d’origine de Biram Dah Abeid, qui fera l’objet d’un prochain article.

Voyage de la délégation étrangère à Rosso, 18 mars

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